20/04/2007

 INVITATION A LA REVERIE

 

 

 

Nostalgie 300 B2

 

Néglige un peu la toile aujourd’hui, internaute,

Oublie les mots volant sur un rai de lumière :

Songe à la plume d’oie et à la phrase altière,

De la fée Nostalgie accepte d’être l’hôte.

 

Le séjour est joli et la gardienne est belle,

Son parfum est celui des muses éternelles…

 

   

Nostalgie 300 B

 

 

Sommaire Blg

 

Sur un Pétale de Rose

Tournai

Chanson Dorée

Le Silence des Dieux

Femmes

Le Sylphe

Et après ?

 

Nymphée Blg

 

© Christian Van Moer

 

 

 

 

 

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25/02/2007

SUR UN PETALE DE ROSE

Page 250

                 

                Sur un pétale de rose

 

       Rose, prêterais-tu un de tes blancs pétales

       Et ta plus tendre épine à ton ami Pierrot?

       Il me plairait d’écrire à ma mie quelques mots

       Avant que son parfum en ce jardin s’exhale.

 

       Quel vergé, quel vélin serait-il plus à même

       De recueillir ces mots que le cœur va puiser

       Dans le fonds de chansons, de cris et de poèmes

       Que la rue de nos jours ne sait plus diffuser ?

 

       Ce n’est pas un sang d’encre, aiguillon de l’amour,

       Qui couchera son nom sur ta chair opaline :

       Elle m’a dit ce soir… la douce Colombine,

       Et le voilà enfin, ce lent déclin du jour !

 

       Rose, du cœur épris la muse et la mémoire,

       Délicieux avant-goût du plaisir présumé,

       Laisse-moi caresser ton satin parfumé

       Et confier cet aveu à ta lèvre d’ivoire…

 

       A peine est-il signé que mon billet s’envole

       Pour se perdre en dansant dans l’orfroi de la nuit !

       Rose, mon bel écho, rouvre-moi ta corolle :

       Je veux remplir le ciel de fleurons comme lui.

 

                                                      Tournai, février 2007

 

[ Poème publié par Chloé des Lys, dans les Poèmes d'amour, recueil collectif du Printemps des Poètes 2007  ]

© Chloé des Lys

 Pierrot 150

 

 © Christian Van Moer

 

 

 

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20/02/2007

DANS TOURNAI

 

 

 
 
 
Cath Blg
 
 
 
Les vieux pavés

 

 

Comme un vieux piano peut garder la mémoire

Des doigts qui ont couru sur ses touches d’ivoire,

Les têtes cabossées des pavés de no ville

Conservent du passé une empreinte fragile.

                  

Arrête-toi, passant, sur le vieux banc de bois

Et tends l’oreille. Avant que le tarmac bourgeois

N'efface ses chansons de ces portées de pierre,

Grave en ton cœur le son de l’orgue Limonaire,

 

      Le joyeux boniment du colporteur,

      La rengaine du petit ramoneur,

      Le cri du camelot, du chand d’chiffons,

      Ou le trot guilleret des escadrons ;

      Le prélude amoureux dans les calèches,

      Le couplet du noceur dans l’aube fraîche,

      Ou, quand les rois ignorent sa misère,

      Le chant vengeur du bon peuple en colère…

 

Qui reconnaît l’écho, lorsque les klaxons beuglent,

Des lazzis du poulbot, du bâton de l’aveugle ?

Qui entend l’angélus ? sonner le carillon ?

Sous les vitraux sacrés, prier les moinillons ?…

 

Sans âme, le progrès asphalte notre enfance :

La chape de béton démode la romance

Et l'autoradio, le chant des camarades.

Sans les pavés des rues, fini, les barricades !

Tournai, décembre 2005

 

 Vieux pavés 250 Blg

  

 

 

[ Poème publié dans Le Chant des Villes, recueil collectif édité dans le cadre du Printemps des Poètes 2006 par Chloé des Lys ]

 

 

 Graine de poète

 

Sur le dernier trottoir bien plat

Du vieux quartier Saint-Piat,

Une enfant frêle

Jouait à la marelle.

 

Elle avait tracé à la craie,

En quelques traits,

Des figures de femmes

Coiffées de flammes,

Et pour combler les carrés vides

Des noms limpides :

Anna, Ava, Eve, Elle.

 

– Vous voyez, monsieur, me dit-elle,

A l’endroit, à l’envers,

C’est toujours elle !

Mais il me manque quelque noms

Pour finir ma marelle ;

En connaissez-vous d’autres ?

– Euh !… Ada, Alila, Siris… peut-être ?

– Merci bien, monsieur, mais ces noms-là,

Ça n’existe pas !

 

Et de reprendre en riant

Ses sauts d’enfant

Qui soulevaient sa robe beige.

 

Elle promet, songeai-je,

La môme aux palindromes !

 

Tournai, avril 2007

 

 

 

La paille et la poutre

Autre conversation surprise…

Aux abords du pichou d’Saint-Piat

 

 – Muche-me tout cha, Lili,

Muche-me tout cha bin vite !

Tes tototes i z’orsortent

D’tes saclets à lolos.

Et tertous i t’ravisse

Avec des is d’guernoules.

Muche l’accreo de t’corsache

Avec t’fucheo :

Acoute-me pour eine feos !

Te dis qu’ch’est la mote ?

Mais mi, je n’veux pos d’cha

Quand t’pourmènes avec mi !

 

– Ahais ! Et ti, Polyte ?

A l'plache de berteonner ainsin,

Te f'reos mieux d'orwettier t'mareonne !

Rabouteonne t’brayette :

T’as marié Jean conte Jeanne !

 

Tournai, juillet 2007

 

                       

 

 St-Piat

 

 

Au Jardin de la Reine

 

Quand le soleil du soir joue dans le feuillage,

Il vient, s’appuyant sur son bâton de buis,

Clopin-clopant, jusqu’à l’étang.

Etale son mouchoir, s’assoit sur un banc.

 

C’est un petit vieux, qui semble d’un autre âge

Dans ses habits d’antan fripés comme lui.

Puisant dans sa poche à miettes,

Il appelle canards, tout ce qui volète,

 

Puis il sort du blond de sa poche à tabac

Et sa pipe en terre aux bords rongés de noir.

Comme il a l’air heureux alors,

Nimbé de sa fumée aux entrelacs d’or !

 

Mais voilà qu’un ramier, au vol un peu bas,

L’effleure. Et le Oh !  de surprise fait choir,

Sur le bois où elle se casse,

La pipe… Et la perle de son œil me glace.

Tournai, avril 2007

 

            Vieux Blg

 

Au son de l’orgue Limonaire

 

Devant les grands chevaux de bois,

L'enfant émerveillé arrête

De suçoter son sucre d'orge.

 

Les mots s'empêtrent dans sa gorge :

Il montre de son petit doigt

Les glaces qui tournent les têtes

 

Et les feux de la girandole

Qui bariolent le manège

Et diaprent ses cabochons.

 

Au son de l'orgue Limonaire,

En haut en bas les cavaliers,

Sur leurs licornes asynchrones,

 

Frôlent au bond les amazones,

Pour se griser aux robes claires

De parfum fauve et printanier.

 

Et lorsque les belles s'envolent,

L'enfant suit les cristaux de neige

Des dentelles de leurs jupons.

 

Mais quand il reconnaît sa mère,

Au milieu de galants hardis,

Il échappe à la surveillance

 

De ses grands-parents et s'élance

Vers les cavales adultères,

Laissant le forain interdit.

 

Car sous les sabots qui s'affolent,

Le petit corps est pris au piège

De l'invincible tourbillon.

 

Avant de perdre connaissance,

Il entend un long cri d'effroi

Et en écho une sirène.

 

Aussitôt l'ange qui l'entraîne

A raison de sa résistance

Aux grands tabliers blancs et froids.

 

En haut en bas, les cavaliers,

A contretemps des amazones,

Enlèvent leurs chevaux de neige,

 

Au son de l'orgue Limonaire.

  

    Manège Blg

[ Poème publié dans le numéro de juin 1999 de la revue française Missives et chez Chloé des Lys dans Les Oiseaux Bleus ]

                                                                       

* * *

 

 

PdT Blg

 

(C) Christian Van Moer et Chloé des Lys

 

 

  

Photos CVM

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